Aller au contenu
Glossaire de l’emploi

Harcèlement moral au travail

Définition

Le harcèlement moral au travail désigne des agissements répétés qui dégradent les conditions de travail d’un salarié et peuvent porter atteinte à ses droits, à sa dignité, à sa santé ou à son avenir professionnel. L’intention de nuire n’est pas exigée.

Ce qu’il faut savoir

Le Code du travail (article L1152-1) protège tout salarié, quel que soit son contrat ou son ancienneté, et l’auteur peut être un supérieur, un collègue ou un subordonné. Ce qui compte, c’est la répétition et l’effet : critiques humiliantes devant l’équipe, mise à l’écart, retrait des tâches sans raison, consignes contradictoires, surcharge délibérée. Un conflit ponctuel ou une décision de gestion justifiée ne suffit pas. L’employeur a une obligation de prévention et doit sanctionner l’auteur, la sanction pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave.

La preuve est aménagée : le salarié présente des éléments de fait laissant supposer un harcèlement (mails, messages, attestations de collègues, certificats médicaux, arrêts de travail), puis l’employeur doit démontrer que ses décisions reposent sur des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement. Depuis un arrêt de l’assemblée plénière de la Cour de cassation du 22 décembre 2023, le juge peut admettre un enregistrement réalisé à l’insu de son auteur s’il est indispensable à la preuve et proportionné au but poursuivi.

Pour agir, on peut alerter par écrit l’employeur, les ressources humaines, le CSE ou le médecin du travail, et saisir l’inspection du travail. Le conseil de prud’hommes accorde des dommages et intérêts et annule un licenciement lié au harcèlement ; l’action se prescrit par cinq ans après le dernier fait. Sur le plan pénal (article 222-33-2 du Code pénal), le harcèlement moral au travail est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende, avec une plainte possible dans les six ans suivant le dernier fait. Les salariés qui dénoncent ou témoignent de bonne foi sont protégés contre toute sanction.

Exemple

Depuis l’arrivée d’un nouveau chef d’équipe, une technicienne de maintenance est exclue des réunions, reçoit des consignes contradictoires et des remarques sur son travail devant ses collègues. Elle note chaque fait avec la date, conserve les mails, demande à deux collègues une attestation et consulte le médecin du travail. Elle adresse ensuite un signalement écrit à la direction des ressources humaines, qui doit ouvrir une enquête interne.

À retenir

  • Des agissements répétés suffisent, même sans intention de nuire.
  • Le salarié apporte des éléments de fait, l’employeur doit prouver l’absence de harcèlement.
  • Prud’hommes : cinq ans à compter du dernier fait ; plainte pénale : six ans.
  • Licenciement nul s’il est lié au harcèlement subi ou dénoncé de bonne foi.

Sources

Métiers concernés

Termes liés

Votre recherche, en automatique

Lancer mon scan d’offres

JobFast cherche les offres qui vous correspondent sur les grands sites d’emploi, note chacune sur 10 et prépare un CV et une lettre adaptés. Vous relisez, vous validez.

Sans carte bancaire · Sans compte pour commencer