Médecine du travail
Définition
La médecine du travail désigne le suivi de la santé des salariés au regard de leur poste, assuré par les services de prévention et de santé au travail (SPST). Financée par l’employeur, elle a pour but d’éviter que le travail n’altère la santé et de maintenir les salariés en emploi.
Ce qu’il faut savoir
Chaque employeur adhère à un SPST, autonome ou interentreprises, où travaillent des médecins du travail, des infirmiers en santé au travail et des intervenants en prévention. Le médecin du travail est indépendant et tenu au secret médical : l’employeur ne connaît jamais le diagnostic, seulement l’attestation de suivi ou l’avis rendu sur le poste.
Le suivi suit le parcours du salarié. À l’embauche, une visite d’information et de prévention, ou un examen d’aptitude pour les postes à risques particuliers. En cours de carrière, des visites périodiques et une visite de mi-carrière organisée l’année des 45 ans. Après plus de 30 jours d’arrêt, une visite de pré-reprise peut être demandée par le salarié, son médecin traitant, le médecin conseil ou le médecin du travail ; l’employeur en est informé, sauf opposition du salarié. La visite de reprise est obligatoire après un congé maternité, une maladie professionnelle, un accident du travail d’au moins 30 jours ou un arrêt maladie d’au moins 60 jours ; elle a lieu au plus tard 8 jours après le retour. Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026 (décret du 12 juin 2026), elle n’est plus requise si une visite de pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédant le retour et que le médecin du travail n’y a jugé nécessaire aucun aménagement du poste ni du temps de travail, sauf si le salarié, l’employeur ou le médecin la demande. Le salarié peut aussi demander une visite à tout moment.
Le médecin du travail peut préconiser un aménagement du poste ou des horaires, un temps partiel thérapeutique ou une formation. L’employeur suit ses préconisations ou explique par écrit pourquoi il ne le peut pas. Après étude du poste et échange avec les deux parties, il peut aussi déclarer le salarié inapte, ce qui oblige l’employeur à chercher un reclassement avant d’envisager un licenciement pour inaptitude. Les visites ont lieu sur le temps de travail et les frais de transport sont à la charge de l’employeur.
Exemple
Après dix semaines d’arrêt pour une hernie discale, une aide-soignante d’EHPAD reprend son poste. Son employeur sollicite le SPST et la visite de reprise a lieu le troisième jour. Le médecin du travail la déclare apte avec une restriction : aucun transfert de résident sans lève-personne pendant trois mois. La direction réorganise les plannings pour respecter cette préconisation.
À retenir
- Assurée par les SPST, financée par l’employeur, soumise au secret médical.
- Visite de reprise obligatoire après maternité, maladie professionnelle, accident du travail d’au moins 30 jours ou maladie d’au moins 60 jours.
- Pré-reprise possible dès plus de 30 jours d’arrêt, à la demande du salarié ou d’un médecin.
- Seul le médecin du travail peut déclarer un salarié inapte à son poste.
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